Mise au point
Par kaze_ le vendredi, avril 30 2004, 21:28 - La vie de ryune - Lien permanent
O l'on revient sur un sujet dlicat.
Qui n'a jamais vu la mort en face ignore tout du courage qu'il faut pour l'affronter volontairement.
Qui n'a jamais connu l'agonie ignore tout de la souffrance sans nom des derniers instants.
Qui n'a jamais discut avec un "rescap" ignore tout des vritables raisons qui peuvent pousser un tre en venir cette extrmit.
Les vivants ne comprennent pas qu'on puisse se donner la mort, trouvent cela lche. Ces mmes vivants, ont-ils jamais connu le dsespoir ? Ont-ils seulement ctoy la dpression et la folie ? En traitant ceux qui ont choisi de partir de lches, c'est leur propre lchet vis vis de la mort qui s'exprime.
Face la mort volontaire, crier la lchet est la chose la plus facile, la plus rapide. En faisant peser toute la faute sur celui qui n'est plus l (les absents ont toujours tort, c'est bien connu), on vite de se poser des questions qui pourraient tre drangeantes.
La mort est un choix, comme tous les autres. Ce n'est pas nous de dcider de la prtendue "lchet" de celui-ci, mais l'me du dfunt. La seule chose que l'on peut faire, nous vivants, c'est respecter ce choix.
Commentaires
Oui, mais je reste sur la position : je trouverai certes courageux mon pre de se suicider (c'est un exemple), mais ainsi, il abandonnerait le reste de sa famille dans une position trs dlicate (plus de revenu, plus de pre, tout simplement, ...)
Personne ne choisit de mourir sans raison. C'est tout. Avant de parler de lchet, il faut chercher comprendre.
Qui juge les hommes sera jug par les hommes...
Alors j'ai mal d me faire comprendre. La lchet se trouve pas dans la raison du mec, dans son acte, ou quoique ce soit de ce genre, mais dans les consquences que a a avec l'environnement qu'il avait.
Oui, on se suicide pas sans raison. Oui. Mais on oublie souvent quelque part ce petit quelque chose qui *devrait* nous retenir la vie (entre guillemets), qui fait qu'on aurait pas d se suicider. Et puis je sais pas si tu as connu le dsastre que j'ai constat une fois d'une famille qui avait perdu comme a le pre de famille. La mre avait sombr dans l'alcool, le fils n'a pas support et s'est suicid aussi, et sa fille a divorc parce qu'elle avait chang de comportement et cela avait affect son couple.
C'est un cas parmi d'autres. Tous ne sont pas comme a. Mais l, tu te dis que ce suicide l, il n'aurait pas d se faire. Et l, mme s'il a d falloir beaucoup de volont et de courage pour commettre son acte, bah avec un peu de recul, tu te dis qu'abandonner sa famille la drive comme a ... Enfin voil.
Encore une fois, tu ne cherche pas comprendre les raisons... Tu constates juste les effets et tu dis "c'est mal".
Mais qu'est-il rellement arriv cet homme ? Peut-tre tait-il victime de chantage (cause #1 du suicide chez les adultes), peut-tre avait-il quelque chose sur la conscience...
A voir le comportement post-mortem de la femme, du fils, et de la fille, on peut en conclure qu'ils savaient quelque chose, mais qu'ils n'ont pas agi - et c'est le remords qui les a rong, au point que l'un ne trouve pas d'autre chappatoire que de se suicider son tour.
Parce que oui, quand il y a un suicide, tout le monde est coupable. Celui qui est parti, je te l'accorde, n'a pas choisi la bonne solution. Mais ceux qui sont rests ne sont jamais blancs comme neige. Si celui qui est mort est un lche, alors tout le monde, la famille, les proches, les amis, sont des lches aussi. Le suicide est une dfaite collective.
Un de mes amis s'est suicid, il y a de cela quelques annes, sans donner d'explication. J'ai beaucoup entendu parmi mes amis, lorsqu'ils parlaient de cette histoire, cette rflexion : "il nous a abandonns". Mais qui a abandonn qui ? Comment a-t-on pu ignorer les signaux qu'ils nous envoyait ? En fait, il est parti parce que ce sont nous, ses amis, qui l'avons abandonn, qui avons t sourds ses appels. Nous aurions pu tre une de ses raisons de vivre...
Nous ne l'avons pas t. Il est mort. Je persiste croire que dans l'affaire, les lches, c'est nous.
Je ne dirai qu'un chose :
hmmmm ....