En prose cette fois : neige...
Par kim le mercredi, janvier 4 2006, 21:25 - Polésie - Lien permanent
Il faut toujours avoir son appareil photo sur soi. Hier encore, le monde était laid. Difficile d'imaginer que cela puisse exister. Souvent, dans les périphéries de grandes villes, on peut voir ces grandes cheminées crachant une fumée bien noire. Parfois, c'est beau. Oui, on peut voir dans la laideur, parfois, une beauté cachée. Un peu comme quand on fait une tâche sur une nappe, et finalement, on découvre qu'elle a une forme intéressante. Esthétique. Mais là, le nuage n'avait pas l'élégance qu'on aurait pu espérer. Alors, quand le monde est comme ça, on laisse son appareil chez soi, dans un placard. On en vient à y croire, les choses sont et resteront ainsi. Et puis, le lendemain, la poussière est devenue flocons, le sol, une poésie pour les yeux. Les clochers et les toits ont recouvert leur honte d'un manteau blanc. C'est devenu beau, le temps d'un instant. L'instinct du photographe prend alors le dessus, il faut se souvenir de cet état. Il prend son appareil et tente de garder un souvenir de cette beauté. Plus de piles.
Alors, il rendre chez lui, morose. Il se couche, et ferme les yeux. Il revoit alors toutes ces images, et comprend. Elles se sont imprimées et ne le quitteront plus. Il éteint la lumière. Pour la première fois de sa vie, il s'endormira avec le sourire.