Droit de réponse au directeur du label indépendant "nocturnes"
Par kim le mercredi, janvier 18 2006, 13:16 - tchitcha - Lien permanent
interviewé sur France Bleu, ce midi, sur la question de la licence globale pour le téléchargement musical
Reprenons son calcul. Les chiffres d'affaire cumulés du cinéma et de la musique en France sont de l'ordre de 6milliards d'euros. Il faut donc, pour fixer une valeur juste à la redevance globale de téléchargement, diviser le manque à gagner par le nombre d'utilisateurs. Il estime un manque à gagner de 4 milliards. Et donc, arrive à près de 40 euros par mois d'abonnement à la licence globale.
Donc. La licence globale ne concernant que la musique, ce monsieur a voulu ajouter aux à peu près 2 milliards qu'il estimait en CA pour la musique les 4 milliards estimés pour le cinéma. On divise déjà les 40 euros par 3...
Ensuite, sur le prix d'un CD, il y a la rémunération de l'auteur, des interprètes. puis, la communication. Et surtout, ce qui m'intéresse ici, c'est le support. Un CD vierge, pressé, une pochette, un feuillet. Puis, la logistique (production du CD, pressage, transport, stockage). Sur les 20 euros d'un CD, ça ne fait pas cher, mais multiplié par le nombre de CDs vendus, on arrive probablement à un nombre intéressant. Sur les 13 euros restant, correspondant à la moitié à peu près, du prix d'un CD, merci d'enlever 2/3 euros pour supprimer le prix du support, il n'y a pas de raisons qu'ils gagnent d'un côté ce qu'ils ne perdent pas de l'autre.
On se rapproche quand même pas mal des 7 euros proposés ici et là.
Alors monsieur le directeur du "grand petit label indépendant" nocturnes, vous voyez, c'est pas si compliqué. Il suffit de faire des chiffres aussi bidons que les votres, avec plus de justifications pourtant, et on arrive à diviser votre chiffre par 4.
Commentaires
D'après Le Monde (source : www.lemonde.fr/web/articl... ; bientôt en accès payant), "pour pallier les pertes financières dues à la légalisation du "peer to peer", il faudrait, selon les producteurs, que chaque abonné haut débit à Internet paie 87 euros mensuels."
Voilà, je me suis posé une question : j'ai un budget musique de 20 euros par mois (c'est à dire que j'achète environ un CD par mois, vu les prix, ou deux d'occaze). Et mon budget ne changera pas, peer 2 peer ou pas peer 2 peer. J'espère que l'industrie musicale se rend compte que supprimer le peer 2 peer ne changera pas les comportements d'achat des gens, ou en tout cas pas le mien.
Personnellement, il est vrai que je ne télécharge que de la musique libre : soit venant de la Scène ( www.scenemusic.net/ ) soit que les artistes ont mises à disposition sur leurs sites. Je ne suis donc pas concerné par les simagrées de la SACEM.
Maintenant, imaginons que je télécharge 100 chansons par mois. Je dépense 20 euros parce que je m'achète juste un CD. Maintenant, on supprimme le peer 2 peer, je ne télécharge plus une seule chanson. Vais-je pour autant acheter 5 CD à la place ? Quintupler mon budget d'achat de musique ? Je vais juste écouter moins de musique.
Tout ce que les distributeurs ont à gagner en supprimant un médium d'échange de leur musique, c'est une limitation de la diffusion de la culture, culture qui est à la base de leur chaîne de revenu. Et évidemment, quand ils verront que cette suppression n'augmente pas leur chiffre d'affaire, ils hurleront de nouveau au pirate... Jusqu'à ce qu'ils se décident à accepter la réalité : les consommateurs ne sont pas des vaches à lait et n'ont pas une quantité illimitée d'argent à investir dans le culturel -- et surtout pas dans du culturel bridé et généralement inutilisable à moyen terme comme les DRM (MTP, en français).