Munich (film)
Par kim le dimanche, août 20 2006, 18:38 - tchitcha - Lien permanent

L'article sur Wikipedia (attention, spoilers garantis sur la fin de l'article)
"Le film s'inspire du drame des J.O de Munich de 1972, où des palestiniens membres du groupe Septembre noir (section) prirent en otages des athlètes de la délégation israélienne. Le film se passe après la prise d'otages, et suit un agent issu du Mossad, incarné par Eric Bana, chargé de traquer les responsables et de les éliminer."
Un film dont j'avais envie de dire quelques mots il y a quelques temps, quand je l'avais vu. Un peu de recul après, me revoilà, avec quelques remarques, rapides, là, comme ça.
C'est un Spielberg, non pas dans la veine de ses films à la ET, mais plutôt en ligne directe avec l'excellentissime Schindler's list, que ceux qui ne l'ont pas vu filent l'acheter
A la clé, récupération d'un événement historique, avec une bonne documentation. Ici, on est probablement un peu plus proche de la fiction que dans le cas de la liste de Schindler, mais cette fiction est nécessaire : on ne sait pas forcément tout de cette affaire.
Le film est en couleur, et c'est presque dommage, mais ce sont des couleurs sombres (écrans LCD de mauvaise qualité, s'abstenir !), et très particulières, je soupçonne l'utilisation d'un filtre un peu particulier. L'ambiance s'en retrouve très intime et pleine de suspens. J'aime beaucoup.
Parmi les acteurs, ma foi, à part Kassovitz que je n'avais pas reconnu, et Lonsdale (que j'avais reconnu dans Le Nom de la Rose, Ronin, et MoonRaker notamment), je ne connais personne, et c'est presque tant mieux. Les acteurs sont vraiment bien. Rien de grandiloquent, une justesse dans les attitudes, qui provoque parfois un certain malaise.
Et, comme à mon habitude, je vais parler un peu musique. Composée par John Williams (célèbre pour ses musiques de films, il a fait notamment des compositions pour StarWars, la Liste de Schindler, Harry Potter -sisi-, et Mémoires d'une Geisha), on a droit à autre chose, pour une fois, qu'un agglomérat de choeurs et de violons, très à la mode ces temps ci. Ici, on se rapproche beaucoup des musiques de polars, avec une sonorité à la fois latine et manouche (on pensera notamment à la BO de the Man who Cried pour certains morceaux). De la guitare, aussi. Magnifique, elle s'écoute, seule. Et on se prend à pleurer devant la tristesse qu'elle exprime.
Excellent film, loin des clichés populaires et populistes, loin des péplums et des superproductions hollywoodiennes. Simple, efficace. Il raconte, et nous, on pleure. En silence.
Commentaires
Le film a en effet de grosses qualités, et en particulier celle d'éviter l'écueil du manichéisme (ce qui lui a d'ailleurs été reproché par des officiels israëliens).
Il est servi par des acteurs en effet peu connus, mais qui font un travail de très grande qualité (je retiens surtout Matthieu Amalric et Ciaran Hinds).
Une chose amusante que j'ai remarquée est qu'aucun acteur du film (du moins dans les principaux, je n'ai pas tout regardé) n'est américain. C'en est tellement systématique que c'est sûrement délibéré.
Une dernière remarque : j'aime beaucoup le dernier paragraphe de l'article sur Wikipédia ("La dernière image", à ne pas lire tant qu'on a pas vu le film)
je n'avais pas remarqué pour les nationalités, mais venant de Spielberg, il y a tres certainement un signe. Peut etre justement pour eviter les prejuges a l'americaine. Je ne sais pas, mais il y a quelque chose là derrière.
PS : pour ceux qui n'ont pas vu le film, qu'ils passent "chez moi", on se le regardera :)
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Pour le dernier paragraphe, c'est vrai, mais j'ai l'impression que c'est une vision peut-etre un peu simpliste de la chose. Il y a sans doute beaucoup de vrai là dessous, mais "ce n'est pas suffisant" a mon avis.