musée
Par kim le dimanche, octobre 1 2006, 14:14 - Iznogoud_ - Lien permanent
Suite de Vacances
Ô muse, conte-moi l'aventure de l'inventif : celui qui détruisit son pays, qui pendant des années gouverna.
Ce groupe de jeune désirait partir quelques jours plus tard pour une des tantes de l'aîné d'entre eux, et m'ont proposés de venir avec eux pendant quelques temps, vu que je voyageais depuis quelques temps sans trop avoir de direction précise, cela ne devrait pas trop me déranger. Et effectivement, pourquoi ne pas faire un bout de chemin en charmante compagnie, ils me faisaient penser un peu aux babas des années 60-70, sans trop de soucis, ou plutôt sans se préoccuper de quoi que ce soit, ce sont leurs vacances, personne ne leur gâchera, pour rien au monde.
Trois jours plus tard, ils me rejoignent au bar où je continuais de servir les clients en attendant mon départ. Vous le croirez ou non, mais les pourboires sont parfois une bonne rentrée de devises. J'ai récolté ainsi à titre gracieux suffisamment pour voyager encore quelques temps sans me préoccuper de quoi que ce soit. Il faut dire qu'un serveur qui joue de la flûte pendant ses temps de repos, c'est pas commun, et les gens semblaient apprécier les sonorités d'un autre temps qui sortaient de mon instrument. Aujourd'hui jne règnent plus que musique hip-hop, techno et expérimentale.
Nous partons pour l'Est (donc dans la direction opposée à celle qui mènerait à mon pays), traversant plusieurs villages-fantôme. Ils ont été laissés à l'abandon depuis la dernière guerre civile qui a ravagé le pays il y a de cela 53 ans. Je n'étais pas encore né, et mes cinq compagnons de voyage non plus.
Pourtant, depuis tout ce temps, personne n'a voulu reconstruire ces villages abandonnés. Parce qu'ils sont le symbole pour les gens d'ici de l'horreur des guerres, mais aussi de ce que le fascisme pouvait engendrer de pire.
Alors les gouvernements successifs ont préféré construire des nouveaux villages plus loin et de laisser ceux-ci, en souvenir d'un passé peu glorieux, pour que les gens se souviennent.
Et nous avons parcouru ces villages, observant les panneaux "Attention, terrain dangereux" prévenant de l'éventuelle présence d'anciennes bombes ou mines. Des tracés sûrs ont été préparés, qui permettent de marcher en lieu sûr. Des impacts de balles sur les murs des maisons, une façade effondrée dévoile l'intérieur vieilli par les âges un appartement d'ouvrier sûrement, aux papiers peints délavés par la pluie ; un cimetière complètement dévasté, mais encore fleuri, entretenu au minimum par un gardien qui jure de vouloir être enterré avec ceux qu'il a soignés toute sa vie.
Ce vieil homme pouvait parler pendant des heures de ce village, de ses habitants, des ressources minières du pays qui se sont tarries peu à peu, et comment le village a survécu au changement économique. Puis, comment les gens sont morts ou se sont enfuis face à l'armée extrémiste qui avançait vers la capitale. Mais mes nouveaux amis ne pouvaient pas rester ici trop longtemps, ils ont des obligations laborales qui empêchent de prendre plus de vacances que prévu.
Nous nous arrêtons toutefois quelques temps au musée de l'art musical ancestral, parce qu'il avait simplement une bonne tête. Et puis il était dans nos moyens, ce qui est rare à notre époque. Instruments ne ressemblant à rien, sortes d'hymnes à l'imagination débordante d'inventeurs fou, ils ont en eux une esthétique sonore, mais aussi et parfois surtout visuelle. Elles font parfois penser à ces sculptures modernes qui essayent d'allier le plaisir visuel au plaisir auditif, souvent sans aucun succès, parce que l'un n'accompagne pas toujours avantageusement l'autre. Un concert est donné le soir, on a décidé de rester pour le plaisir d'entendre une musique d'un autre temps. Et puis, peut-être que je pourrai m'en inspirer pour mes morceaux de flûte.
Au bout de deux jours de voyage depuis le musée, ponctués de petites visites et de train, nous arrivons dans la ville de notre tante. Ils ont insisté pour que je vienne prendre le déjeuner avec eux, mais je ne voulais pas entrer dans leur vie privée. Mais j'ai tout de même été boire le thé avec eux, parce qu'ils sont gentils et que je les aime bien finalement.
Après cette tea-party, je prend congé de mes nouveaux amis (j'ai pris leurs numéros de téléphone, au cas où on pourrait se revoir), et repart en sens inverse, je vais retourner discuter avec le vieux gardien du cimetière, je l'avais bien aimé, et je pense que je pourrai avoir beaucoup à apprendre de lui.