Happy Feet... Bof bof
Par kaze_ le lundi, décembre 18 2006, 14:23 - tchitcha - Lien permanent
Où l'auteur désespère devant les films culcul de Noël.
En un beau samedi soir d'automne, j'ai dépensé 10 euros pour aller voir, au cinéma, Happy Feet. La bande annonce m'avait bien plu, très humoristique avec de la bonne musique funky, et les critiques étaient plutôt enthousiastes. D'après Télérama, "Happy Feet est ainsi la première superproduction pour enfants qui ne craint pas de célébrer l'incrédulité." Wah, me dis-je, enfin un film pour enfant décalé, étrange, non-conventionnel ! Un Tim Burton pas fait par Tim Burton ! Donc, j'y vais.
Et là grosse déception : le film est totalement conventionnel. La preuve : à la fin du film, le héros a la fille ! Et il est accepté par sa communauté, et les humains leur foutent la paix. Tout est bien qui finit bien, tralala youpie. Evidemment, le film "célèbre la différence," c'est à dire que ce pauvre pingouin qui ne sait pas chanter mais qui sait danser, eh bien réussit. Mais il réussit, dans le sens où il fait accepter la danse comme nouveau moyen d'expression par le groupe. En gros, il lance une nouvelle mode, et à la fin tout le monde danse... Et il n'est pas tant accepté pour sa différence que pour ses capacités de leadership. La prochaine fois qu'un pingouin "différent" arrivera dans le groupe, devra-t-il aussi passer par le même parcours d'obstacle pour se faire accepter ? Le film ne le dit pas.
Le film a également un axe pseudo-écologique : une partie du film est centrée autour de la quète du héros de la cause du manque de poisson, poisson qui est pêché par les humains. A la fin du film, grâce à ses pattes, le héros fait comprendre aux humains que pêcher le poisson c'est mal, et comme par magie, après débat à l'ONU, une interdiction de pêcher dans les eaux polaires est décrétée. Les chalutiers iront tuer ailleurs... En somme, une seconde pseudo-victoire qui en fait ne résoud aucun problème.
Maintenant, il y a moyen de sauver ce film, d'en faire un chef d'oeuvre : en fait, il suffit de couper la fin. Visionnez le film jusqu'au moment où Mambo (c'est le nom du héros) part à la poursuite des chalutiers. Et coupez là. Ou si vous voulez poursuivre encore un peu, visionnez le film jusqu'à la scène où Mambo se réveille dans un zoo, et où il devient fou.
Ce film n'a pas été créé pour un happy end. L'histoire se tient parfaitement en faisant une des deux coupes ci-dessus, c'est une histoire triste, de différence, d'exclusion, d'impuissance et d'échec ; c'est une histoire où les humains sont responsables de la catastrophe écologique qui coince les pingouins dans leur communauté rigide et intolérante. C'est l'histoire de Mambo, né différent, pris dans les tenailles du destin, qui donne sa vie en se battant contre des forces qui le dépassent.
Mais pitié, pas ce stupide happy-end de Noël.
Cette fin prémâchée et prédigérée qui empêche les gens de réfléchir...
Commentaires
Y'a des films de cul pour enfants à Noel ? :D
Mambo, c'est pas mal pour un nom de heros pour film de cul XD
Mais sortez-le !!!
Ah mince non c'est le webmaster.
Sinon, de ce que tu en dis, mon sentiment est que si ils n'avaient pas mis de Happy End, ça aurait été difficile à digérer pour les enfants, qui sont le public de ce film au sujet pas si infantile que ça. L'interêt est gaché pour toi qui es adulte parce que ça a pas été étudié dans cette optique. Après, ça n'excuse pas, un bon film aurait été bon pour les deux types de public...
Je me sens vieux, soudain...