Nastya
Par kaze_ le mercredi, décembre 20 2006, 11:15 - Psycholeatoire - Lien permanent
Je me souviens de cette soirée de fin de printemps où tu m'as contacté pour la première fois.
Quand j'ai vu le pseudonyme russifiant sur ICQ, je me suis dit, "encore un spammeur..." Et puis non, on a engagé la discussion, on a communiqué. Tu avais utilisé l'option qu'avait ICQ à l'époque de contacter un interlocuteur au hasard. Le hasard fait bien les choses...
Tu habitais en Biélorussie, moi à l'époque en France. On parlait à la fois en anglais et en français. On s'était découvert une passion commune pour la photographie, et comme à l'époque on n'avait pas de numériques, on s'était échangé nos adresses et on s'envoyait des lettres. Je dois avoir tes photos de nuages encore quelque part. Tu aimais regarder les nuages...
Puis tu es partie étudier un an en Pologne, et moi je suis parti étudier un an en Suède, et on s'est perdus de vue. J'ai dû t'envoyer une carte de là-bas, la dernière, il y a presque trois ans à présent. C'est loin...
Et voilà que je te retrouve, par le plus grand des hasards, sur le site de la BBC. En Lithuanie, à continuer la lutte contre la dictature Biélorusse. L'adolescente que je connaissais est devenue une battante. Sur la photo du journal, ton regard est vraiment devenu adulte...
Je comprends mieux ta passion pour les nuages, la métaphore qu'ils cachaient. Ici à mouton-land, d'aucuns devraient en prendre de la graine.
J'espère qu'on aura l'occasion de reprendre contact, Nastya. Et je m'incline devant ton courage.
Commentaires
Respect. Au hasard d'abord : avec un pseudo comme ca, j'aurais immediatement bloqué le message aussi. Ou alors je serais parti dans un delire de discussion avec un spammeur (parce que c'est drole de parler a un nigerian qui a un pere mort au combat avec une somme colossale dans une banque et...)
Ensuite, au parcours : deux parcours assez ressemblants au debut, mais un avenir completement different. L'un a vecu dans un pays moutonnier, mais qui garde un semblant d'aspect democratique. L'autre, doit partir pour pouvoir reflechir. Partir pour fuir, c'est un reflexe humain. Partir pour lutter, c'est courageux, et digne d'un profond respect.
Chapeau bas l'artiste, et belle histoire.
PS : penser a me remettre sur ICQ :D