[OCB©] chroniques de la haine ordinaire, volume 7
Par kim le jeudi, mars 15 2007, 21:13 - Bural, Bureaux - Lien permanent
De la chance d'avoir du boulot... Ou pas
Aujourd'hui, point hebdomadaire au sein de l'équipe, pour voir un peu où chacun en est, où on va. Une heure, une douzaine de personnes. Une liste d'actions à faire (hors planning en général) est faite, avec pour chacune, une personne responsable. Chacun passe à son tour, dire où il en est. On gère nous même l'action, il faut juste dire que ça avance.
Or donc, une par une, les actions défilent. On suit le point sur le vidéo projecteur, un fichier Excell organise les choses. Un délai, un titre, la liste des dates clés, un sommaire/résumé, des commentaires, un réalisateur principal. Derrière ce fichier, posé de manière anodine, une page donnant pour chacun les plannings prévisionnels. De 0 jour par semaine prévus sur des activités financées, à 5 (c'est à dire du full time, on n'a pas le temps de faire autre chose).
Furtivement, au hasard des alt-tab, j'aperçois le planning des autres. Etonné. Certains trainent avec près de 2jours prévus, par semaine, jusqu'à fin mai. Ca leur laisse le temps de régler les choses de la vie courante (genre un incident qui passe, on peut le gérer. Gestion de projets, etc. Tout ce qui n'est pas "financé").
Ma ligne était celle du bas. Seule à être pleine jusqu'à fin mai. Cette semaine, j'ai réussi à baisser ma charge à 5J. Mais en moyenne, je vais tourner à 6J prévisionnels, par semaine, pendant 3 mois. Auxquels il faut ajouter la vie courante, qui est très loin d'être négligeable (par exemple, cette semaine, j'ai déjà fait 2J de vie courante, qui viennent amputer les 5J déjà planifiés pour d'autres taches).
Organisé ? Au maximum possible. La vie courante, avant tout. Les crises, aussi. Et puis, refuser toute réunion non essentielle. Juste lire le compte rendu, pour se dire que mon dieu, ça va encore me retomber dessus. Puis, gérer les actions urgentes, c'est à dire celles planifiées qui ont un très court délai (genre, la journée). S'il y a un trou de 5 minutes, vite vite, en profiter pour faire une doc. En général, ça suffit pour l'écrire. Il faut doubler le temps pour la gestion (genre, bouger le cul de ceux qui doivent la valider, parce qu'elle est urgente à mettre en place, mais c'est moins urgent que d'autres choses).
A l'arrivée, vous l'aurez compris : je vais devoir travailler samedi et dimanche. Pour récupérer des actions à faire pour le week end et que je n'aurai pas eu le temps de faire. Gratuitement.
Si c'est pas beau !
PS : mon prédécesseur avait de jolis plannings aussi : pour 1h30 de réunion, on lui accordait 0.1J. Faites le calcul. Alors, finalement, je ne me plains pas, ça sera pire sous peu.
Commentaires
Je suis abasourdi
Par ?
Par le fait que tu rechignes à travailler plus de 78 heures par semaine, pardi !
Et qu'en plus tu râles de devoir travailler gratuitement le week-end...
Non mais je vous jure
Etre organisé, mettre dans de jolis tableaux excel n'a jamais garanti que le travail sera fait, répartira de manière équitable la charge. Ne pas confondre gestion comptable d'un projet et management. L'un gère la satisfaction du patron, l'autre celui de ces collaborateurs.
Avant toute chose, il faut savoir que l'aspect financier est un moyen, que les échéances sont un objectif au service de l'épanouissement des personnes qui travaillent.
La problématique de la gestion de projet est que tout le monde a sa propre vision, bien souvent parcellaire puisque résultant de sa propre expérience, et souvent orientée à combler les défaillances des chefs de projets que l'on a subit.
Alors dans ce billet la problématique qu'elle est telle ?
Un sentiment d'injustice pourrions-nous dire au premier à bord : les autres sont chargés à 40% alors que moi je suis à 100 % et voir plus (certain dirait un soupçon de superiorité voir, l'être indispensable que tout le monde pense être)
Cette injustice ne serait-elle pas plutôt le rejet des conséquences d'une décision prise par KIM ? J'entends d'ici les protestations moi je n'ai pris aucune décision on m'impose ce rythme de travail. Il suffit de rappeler qu'une décision prise par quelqu'un, c'est : celle que l'on prend en toute conscience ou celle que l'on accepte. La précision à son importance. Car dans notre cas KIM accepte par son comportement les décisions de son chef.
On pourrait s'arrêter à cette remarque est dire que KIM se plein du fait qu'il travaille "mal" ou trop. Ce qui pour moi est la même chose. Je pense que lorsqu'une personne se plaint de trop travailler, c'est qu'elle a le sentiment de mal travailler et donc culpabilise (je vous rassure c'est une technique de management, de mauvais managers).
En fait, Kim subit son travail, et Kim n'est pas moteur..... Pas au sens je ne propose pas des solutions techniques innovantes, mais au sens j'ai un esprit critique et je gère mon être, je gère mon moi) Alors on peut dire, que Kim subit le management de son chef de projet. Ce qui nous emmène à nous poser la question : Quel type de management adopte son chef de projet ? Il y a plusieurs types de management qui vont du management dirigiste au management par délégation. Tous ont leurs revers, aucun n'est parfait. Si on pouvait faire l'analogie avec l'éducation des enfants, on dirait que lorsqu’un collaborateur est novice sur le sujet il est comme un petit enfant qu'il faut diriger pour qu'il progresse en sécurité. Et au fur et à mesure de son EPANOUISSEMENT, on change le mode de management.
Pour résoudre ce problème, la solution est d'avoir des principes souvent stupides mais au combien révélateurs de limites que l'on dépasse. Ces principes sont une introspection sur ce que l'on veut faire de sa vie. Ordonner SES priorités.
Comment faire ??? A vous de voir, parler avec ses parents, un ami, une amie pas celle qui couche dans son lit (elle est partie prenante), mais surtout être honnête avec soi même.
Après ??? Il faut préparer l'entretien que l'on va demander à son chef de projet (ça s'appelle un entretien de cadrage. Il faut être précis et factuel (on m'a dit que à proscrire) et on obtient un ACCORD) dans le but de lui faire comprendre votre besoin et d'arriver à un accord.
Après on provoque l'entretien. Attention, les mots sont une arme. Inutile d'être agressif, employer le message je + un sentiment pour exprimer vos besoins. Bon courage, c’est loin d’être facile. Mais c’est la vie.
Tout ça pour dire qu'il n'y a pas de projet parfait, de boulot parfait, mais pour rebondir sur le titre je préfère me préoccuper des problèmes que peut me poser un chef que celui de me loger ou me nourrir.
Disons que je ne trouve pas ça injuste. Je trouverais normal que tout le monde soit à 90%, et je préfère largement avoir du boulot que me tourner les pouces. Simplement, les 100% et plus n'incluent pas la "vie courante", c'est à dire la gestion au quotidien : les petits plantages, tout ça... C'est là que je ne comprend pas que je sois à 100% sans vie courante, alors que mon poste fait partie de ceux qui en ont le plus.
Ensuite, je n'ai pris aucune décision : on m'a mis à ce poste, parce que, parce que, parce qu'il fallait bien y mettre quelqu'un. Je m'y plie, je comprend clairement qu'on puisse avoir des obligations, de temps en temps, pour son travail. Je ne comprend pas qu'on doive y sacrifier sa vie personnelle (vendredi soir, par exemple : j'avais sport, et réunion d'agence, je dois décommander les deux, pour 30minutes d'intervention. J'ai presque oublié le caractère hebdomadaire de mes séances de sport du vendredi : une fois sur deux presque, c'est annulé, si ce n'est même celles du dimanche après midi !)
J'ai accepté ce poste, parce que sinon, c'était probablement la porte. J'impose actuellement un rythme qui force mon chef d'équipe à se poser des questions quant à mon assiduité : je fais un peu plus de 37h, plus soirs et week-end ponctuels, qui ne sont pas comptabilisés mais qui me permettent de justifier que je ne fasse pas plus que la durée légale hebdomadaire : ça calme les ardeurs. Mais à quel prix...
Ton commentaire est très intéressant, de m'accuser que je travaille mal ou trop, tu ne saisis probablement pas le fond de mon propos, je pense : aujourd'hui par exemple, j'ai travaillé 7h, et sur les 7h, j'étais disponible à 100%, j'ai été "rentable" pour 7h. Difficile de dire que je travaille mal si l'on n'a rien pour juger de la qualité du travail, et je ne peux pas te montrer plus que le peu que j'écris ici : je me limite volontairement (pas de nom de ma boîte, de mon employeur, pas de noms de produits sur lesquels je travaille, etc.), il est normal qu'on n'en ait alors qu'un faible aperçu. Trop, oui et non. Oui dans la mesure où la planification qui m'est imposée dépasse le temps normal de travail, ce qui veut bien dire que quelqu'un, quelque part, fait mal son boulot (et ce n'est pas moi : on ne planifie pas à quelqu'un, des heures supp").
Je considère tout au contraire que mon travail est efficace dans la mesure où ce que je fais, je le fais le mieux possible, et au plus vite. Ce que je considère comme moins normal, c'est que mon planning est plein, et que jour après jour, on m'en rajoute. Exemple : cette semaine, j'ai pu faire décaller les X jours en trop pour avoir enfin une semaine à 5 jours (+ vie courante), mais en contre partie, j'ai appris devoir travailler vendredi jusqu'à 21h, chose qui n'était pas du tout prévue (alors que pour ce genre de choses, on est sensé être prévenus au moins 2 semaines à l'avance). C'est un fonctionnement anormal. Si ce n'était que ponctuel, passe encore, mais si c'est quotidien, on en vient à douter de sa hiérarchie.
Pour ta divagation sur le management de mon chef d'équipe, il manage par projet : chaque personne a ses projets. Puis, pour un projet, il fonctionne par budget : chaque action ayant un budget DOIT être planifiée dans les délais demandés par les extérieurs. Puis, par priorités. On obtient alors un planning. Il délègue tout ce qui n'est pas de son ressort, ce qui est normal, surtout qu'il a déjà bien assez de choses à faire. Il délègue bien, pour ça il n'y a pas à dire. Le souci est en amont : la gestion par projets. On ne donne pas à une personne (sans backup !) la gestion des 4 projets demandant le plus de travail. Parce que c'est foncer droit dans le mur. Pour moi, la meilleure solution, c'est de prendre deux personnes, diviser par deux les taches de chacun, et de donner X projets à l'un, Y à l'autre, et chacun est backup de l'autre. Dans ce cas, on peut mieux répartir la charge, si on est absent, le monde continue de tourner. Si mon voisin de boulot est absent, c'est "tant pis, ça marchera pas, et 5000 personnes pourront rentrer chez elles". Ma position est moins "urgente", mais avec autant de responsabilité : si y'a un problème, c'est "ça ne marche pas, donc la base est morte, donc (et tout s'enchaine)". Et je n'ai pas de backup. Tout comme mon voisin de bureau. Et on ne peut pas se former mutuellement, faute de... temps (hé oui).
Je n'ai aucune envie de m'entretenir avec mon chef de projet, essentiellement parce qu'il sait, et je sais, que si l'un de nous deux provoque une telle réunion, ça arrivera nécessairement à la porte. Et c'est cru à dire, mais mon loyer et mes impots ne se payent pas en claquant des doigts.
Pour finir, bien d'accord avec toi : pas de projet ni de boulot parfait, on recherche essentiellement le moins pire. Ou plutôt, je recherche celui pour lequel je pourrai dire : si ça ne va pas, je n'ai qu'à changer ça, et ça ira mieux (chose interdite pour le moment). Pour le titre, c'est une référence à des séries de spectacle de Pierre Desproges, que j'affectionne particulièrement. Et ça ne reflète pas un état de "haine" vis à vis de mon boulot.
(merde, j'ai encore écrit un roman %) )
Ajoute aussi le fait que ton chef de projet gère différemment employé et prestataire de service, et il me semble que tu fais partie de la seconde catégorie... Etant "loué" par l'entreprise, il est "normal" qu'ils te collent un maximum de taf, pour te "rentabiliser." Sans compter que tu te coltines tous les boulots que les employés "ordinaires" dédaignent de faire...
Moralité : les SSII, c'est la merde, la sous-traitance aussi et plus tôt tu te tireras, mieux tu t'en porteras. Sinon, y'a la solution du suicide au travail, comme vu récemment chez EDF et Renault, ça peut les faire chier pas mal...
(Parenthèse sur le suicide, ça n'a pas l'air de les émouvoir plus que ça ; voir l'article de Le Monde de hier.)
Merci d'avoir lu mon commentaire, tout est à ton honneur.
On dit qu'on a les chefs que l'on mérite et il ne faut jamais préjuger de ce que pense les autres.
J'aime bien ton premier paragraphe parce que tu essayes de trouver comment faire pour palier aux problèmes de ton chef, c'est louable mais inutile. Tu as raison de dire que lorsque l'on gère des projets, il ne faut jamais considérer que les collaborateurs sont à 100%, au mieux à 80%.
Quand je dis que tu travaille mal ou trop, je ne remets pas en cause la qualité de ton travail, mais celle du management. Quand un collaborateur travail trop (en surchauffe comme tu l'es) sa vigilance et sa rigueur diminuent car elle demandent un surplus d'effort au delà de ce que le collaborateur peut fournir.
De plus, ton chef de projet ne filtre pas la pression de ses chefs. C'est sur toi quelle retombe. d'ou les planning iréalisables.
Ce que te fait subir ton chef s'appelle du harcèlement moral.
Si j'ai bien compris ta situation tu es prestataire et ton chef de projet est un employé de ton client ?
Si tel est le cas, premièrement pour que tu viennes travailler le samedi et ou le dimanche il faut que ta sociétè fasse une demande d'autorisation auprès de la préfecture une semaine à l'avance.
deuxièment vous devez être au moins deux lorsque tu viens travailler pour des raisons de sécurités.
Il faut que tu saches, si tu as un accident en dehors des plages de travail réglementaires, tu n'es pas couvert. L'accident que tu pourrais avoir ne serait pas qualifié en accident de travail.
Si on aborde le point de vue business, ta société peut te reprocher de lui faire perdre de l'argent en ne l'avertissant pas des heures supplémentaires que tu fais. Tu couvre ta boîte malgré toi.
Je ne sais pas dans quelle SSII tu es, mais saches que ton chef de projet est ton client. Il n'a pas de pouvoir hiérarchique. Il décide pour le projet, tu le conseilles. Ton manager hièrarchique est dans ta SSII.
De plus exprimer ce que l'on ressent est toujours positif. Si ton chef de projet n'est pas capable de t'écouter et de prendre en compte tes besoins alors change de mission.
Pour le travail le week-end, le problème est vite réglé : il est réalisé depuis chez soi, donc pas de problème pour la présence sur place (et effectivement, si il faut bosser sur place, il faut une personne de chez OCB(c) pour pouvoir travailler).
Pour les heures supp", je gère ça un peu à ma façon, à savoir : je déclare les trop gros dépassements (genre, à partir de 2h de présence obligatoire), pour le reste, je le passe sur le compte d'un faux rattrapage d'heures que je ne fais pas, qui me permettent de me couvrir des demandes de mon chef d'équipe. C'est bancal, mais je n'ai pas trouvé mieux si je ne veux pas avoir tout le monde à dos.
Et pour le "change de mission", ma foi, c'est en cours de reflexion, t'inquiètes :D
Tu devrais déclarer tous les dépassements. Tu fais du travail qui n'est ni rémunéré pour toi, ni rémunéré pour la boîte qui te loue -- ça pourrait être considéré comme du travail "au noir" et tu pourrais te retrouver avec ton employeur sur le dos pour escroquerie (ou entente illégale avec le client, qed).
Sancho a raison, ton chef de projet est ton client, pas ton patron. Agis en conséquence.