Un an. Jour pour jour. Un an, sans lui. C'est une sorte de seconde mi temps pour moi. Je l'ai connu il y a deux ans, je l'ai perdu il y a un an. Ben est décédé voilà 12 mois, sur une route de campagne, en moto. Le rapport de police indiquait un dépassement dangereux. On s'était vu la veille. Je fais partie des quelques dernières personnes qu'il ait vu, malgré moi. Je ne peux pas dire un ami, parce qu'on ne s'auto proclame pas l'ami de quelqu'un. Mais je crois quelqu'un qui me comprenait, que je comprenais. Beaucoup d'humour, une grande humanité. Il est parti 7 mois après mon retour au célibat, et il a fait partie de ceux qui m'ont le plus soutenu, sans doute sans le vouloir.

Paradoxalement, c'était quelqu'un qui aimait la vie, à sa manière. C'est difficile de l'imaginer enfermé dans une petite boîte, après 23 ans à habiter dans le grand air. Depuis peu, il a une nouvelle voisine, j'espère qu'elle a de la conversation.

Il est souvent difficile de vivre avec le poids d'une séparation. Il m'en a ajouté un second, je vivrai probablement toujours avec ces deux là. Ils représentent pour moi à la fois une période heureuse, et un vide profond dans ma vie.

Ils auront été les personnes qui m'ont fait le plus pleurer à eux deux. Elle, parce que même après 1 an et demi, et avec beaucoup d'efforts pour éviter de trop la voir, pour tenter de m'affranchir de mes sentiments, il faut avouer que c'est toujours à l'heure actuelle un échec. Lui, le jour de son enterrement, à la fin de la messe, sa famille avait fait passer un morceau qu'il aimait bien, un de mes préférés aussi. Un magnifique morceau d'humour, un dernier pied de nez à la morosité de la vie. "Always look at the bright side of life". Pour les paroles, mais surtout parce qu'il était fan des Monty Python (le saint homme), et que c'est la musique de fin de La Vie de Bryan (parodie de la vie de Jésus).

Un petit billet un peu personnel, pour des choses tout aussi personnelles.