Vendanges
Par kaze_ le vendredi, août 24 2007, 19:27 - Bural, Bureaux - Lien permanent
Dans la catégorie "choses que vous ne ferez jamais parce que vous êtes ingénieurs informaticiens..."
Trois jours de vendanges avant l'infection fatale. J'avais oublié mon vieil accident de 97 et la fracture fatale du bras droit. A l'époque, je n'avais pas compris ce que l'expert voulait dire par "5% de handicap," maintenant je saisis mieux. A force de soulever les seaux et les cagettes, mon pauvre bras a décidé que, tiens, il était temps de gonfler un peu. Pchoup ! Une vraie tomate. Et ça fait mal, punaise... Les travaux de force, c'est quand même chaud.
Donc, trois jours de vendanges. Lever avant l'aube, partir sur le p'tit vélo (10€ chez Emmaüs) avec la dynamo qui fait dzzz, de nuit sur la route en faux-plant montant qui mène au château. Arriver dans les premières lueurs du jour, ciel rose pour cueillir le rouge. Rencontrer le patron, les contremaîtres, les nouveaux collègues. Observer l'habile négociation de ceux qui ont séché la veille pour ne pas se faire virer. Discuter avec les potes, Y. le rasta qui écume les festivals du sud dans sa Renault Express graffée, F. qui a 37 ans mais en paraît 20 et vit dans un camping-car, de ville en ville (t'as pas peur de te faire choper par la police et ses arrêtés "anti-cabanisation" gars ? Apparemment non...), M. le vieux maghrébin qui boit du vin et mange du porc, et est certainement un meilleur musulman que ses camarades plus jeunes... Découvrir des gens de tous horizons, les reubeus du coin (oui, y'en a qui taffent, n'en déplaise aux fachos, et c'est vraiment sympa de discuter avec eux et d'entrer un peu dans leur culture et leur manière d'être), les gitans (un contremaître un peu gueulard), les routards, les femmes d'un certain âge qui trouvent là un moyen de subsistance car personne ne veut embaucher quelqu'un qui a fait 20 années sabbatiques pour élever ses gosses ; et tant d'autres encore...
Sur le champ, on coupe le raisin, on remplit les seaux, on les vide dans les cagettes, on charge les cagettes sur les porteurs, qui les portent sur les remorques qui font les va-et-vient entre champ et exploitation agricole. Les caractères des gens se révèlent : les bosseurs, les glandus, les resquilleurs, il y a de tout, des rapides et des lents, des endurants et des sprinters, jeunes et vieux, hommes et femmes, le tout sous la houlette des propriétaires de l'exploitation. Pause au soleil, échange de l'eau, palabres sur le bord des vignes, on pique quelques figues chez le fermier voisin.
Fin de journée, déjeuner collectif chez le patron. Toutes les exploitations ne le font pas, mais celles qui le font, c'est une tradition. Bonne bouffe au menu, et vin du cru ! On décompresse, puis chacun repart chez soi... Liens noués, parfois, amitiés qui débutent. Même si je ne suis plus au turbin, j'espère vous revoir mes chers collègues !
Commentaires
J'ai participé à des vendanges lors d'une sortie à l'école, ça compte ? (Hé oui, on a grandi dans une région viticole, ou pas !)
La chose qui m'intrigue, c'est la photo du vélo plutôt que des vignes. J'ai raté un message ?
10€ chez Emmaüs, on te dit !
C'est toujours une expérience à faire, hein ;). Maintenant, va falloir te reposer le bras droit ;)