Vers le début de la fin ?
Par kim le jeudi, septembre 13 2007, 21:13 - Iznogoud_ - Lien permanent
Y'a des jours, l'actualité est vraiment pourrie. Y'a peut être des jours tous les jours, mais là je crois que l'actualité mérite bien un petit billet...
En deux épisodes. Entendu ce matin à la radio : un député souhaite mettre en place, en option, des tests génétiques pour le regroupement familial. On se demande l'intérêt que peut avoir une famille qui adhèrerait à ce genre d'action. Attester biologiquement de l'affiliation, là où une famille n'a pas forcément de notion génétique, surtout dans notre monde de familles décomposées et recomposées...
J'ai l'impression que derrière cette fausse justification (40% des états civils seraient faux, à vue de nez), l'objectif est de faire croire aux familles qui veulent se regrouper ainsi, que justifier par la génétique une paternité/affiliation les aidera à obtenir le fameux sésame. Un premier pas vers une fin de libertés ? Après, que faire... Les ficher, pour avoir, petit à petit, un fichier génétique de la population française. Je vous laisse deviner la suite.
Autre actualité, pas forcément plus réjouissante. Une feuille de route de l'Elysée annonce la nécessité de résultats dans le milieu de la culture. Je cite le monde :
Suit une longue liste de chantiers "prioritaires" : création d'un "enseignement obligatoire" d'histoire de l'art à l'école, "sauvetage" de l'industrie musicale, expérimentation de la gratuité sur un "échantillon" de musées "sans perte de recettes", etc. L'heure est aux économies : les "dépenses de fonctionnement du ministère et de ses organismes rattachés" doivent être "réduites au profit de l'aide à la création et de la démocratisation culturelle", écrit M. Sarkozy. Le financement privé de la culture sera encouragé. "Un bon ministre ne se reconnaîtra pas à la progression de ses crédits, mais à ses résultats", prévient-il.
Cela me rappelle vaguement l'uniformisation de la pensée par la culture. Une culture unique, celle du plus grand nombre, risque de se former. Au revoir donc, les cultures émergentes, les cultures marginales...
A partir de là, je propose ensuite qu'on brule les livres qui se sont mal vendus. Puis, s'ils se sont mal vendus, c'est parce qu'ils sont mauvais ou déviants, alors on va inciter les gens qui les ont, à s'en séparer.
Moi qui aime cette culture devenue marginale qu'on appelle communément la musique classique, j'ai peur que le luxe qui m'est offert de pouvoir accéder à des tarifs intéressants, à des concerts (130 euros pour 9 concerts, ça va), j'ai peur que cela devienne plus qu'inaccessible, puis, que les concerts se mettent à disparaitre, si on suit cette logique de profit dans la culture.
Commentaires
Tiens, n'as tu pas vu récemment passer un article dans Le Monde qui disait qu'un commissaire européen voulait faire interdire les recherches sur les mots dangeureux sur Internet ?
Le budget du ministère de la culture représente moins de 1% du budget de l'Etat Français... Et c'est toujours celui-ci qu'on cherche à compresser le plus possible. Amusant...
./1 : Non, pas vu... Je ne lis pas le monde, en fait j'ai pris ces articles parce que je connais la qualité de ce journal, mais j'ai eu l'info à la radio.
./2 : ben, c'est pas de la compression, c'est de l'optimisation :p
Hé oui, la culture, ça ne sert à rien, c'est accessoire... Alors le budget est ridicule. Classique.
Ici, on a des cinémas qui s'appellent "Scotiabank Theatre", une salle de spectacles qui vient de se faire renommer "Sony Centre", une salle de sport et de concerts qui s'appelle le "Air Canada Centre"... Vive la culture sponsorisée.
T'inquiete pas, la musique classique est bien loin de disparaitre! Dans tous les autres pays ou je suis allé, y'a des concerts gratuits partout et sans arret...
Je plains le propriétaire de musée ou autre centre culturel forcé de céder aux sponsors pour éviter de fermer. Culture sponsorisée ou pas de culture du tout?
Dans un sens, la culture a toujours été sponsorisée. Avant on appelait ça du mécénat, ça faisait moins commercial... Mais il y a une différence entre une culture sous mécénat, et une culture avec obligation de résultat...
La culture doit-elle être rentable ?
Pour revenir au premier sujet de ce texte.
Ce que je trouve surtout immonde, c'est que si l'administration a des doutes quant à l'authenticité, elle peut proposer à l'étranger de faire, A SES FRAIS, des tests génétiques. Fantastique renversement de l'obligation de preuve quand on sait que l'acte d'état civil, en droit français, fait foi. "Je suis pas sûr, donc tu payes pour me prouver que tu dis vrai"
Tout cela pour raccourcir les délais, soi-disant. Or normalement, l'acte d'état civil fait foi et dans ce cas la délivrance de titre de séjour est automatique. Donc l'administration justifie cette mesure par sa propre inefficacité.
Ce sont les deux points que j'avais moi-même relevés. Mais c'est pas tout. Réjouissons-nous, l'amendement est inapplicable. En droit français, la preuve de filiation concerne le droit de la mère au moment de la naissance. Donc le droit étranger. J'imagine l'étranger à qui on demande un test génétique et qui répond : "Désolé, ici, c'est le droit du Belouchistan Oriental qui s'applique, et celui-ci dit que je suis le fils de ma mère si je suis en possession de ce document. D'ailleurs, chez moi les tests génétiques sont interdits."
Voir à ce sujet http://dinersroom.free.fr/index.php...
Et les enfants adoptifs ? Quand il n'y a pas de filiation génétique, comment on fait ?
Autre anerie du texte en effet. Le père d'un enfant n'a pas forcément à voir avec le père biologique. Et puis sans parler d'adoption, il y a aussi les adultères...