Voilà un mois, j'ai fait la demande d'être muté dans une autre région. Connaissant le contexte de ma mission actuelle, je me dis qu'en six mois, ça devrait pouvoir être bouclé en étant pessimiste.

Il arrive parfois qu'on ait besoin de changer, chez moi il faut avouer que c'est assez fréquent. Sans doute parce que l'informatique n'est pas un métier très bandant, malgré ce qu'on aurait pu vous faire croire pendant vos études. Donc pour casser la monotonie, il faut varier les plaisirs. Et s'il faut savoir faire preuve de générosité vis à vis de son boulot, il ne faut pas que la vie s'y résume, donc parfois l'intérêt de la personne doit je crois tout de même être pris en compte.

Et donc, après avoir obtenu un premier rendez-vous avec mon manager, intéressant et riche en dialogue, nous étions partis pour avancer, un premier rendez-vous avec l'actuel client, pour annoncer la chose et voir un peu où on en est, avait été proposé la semaine qui suivait. Je savais très bien que tout était trop beau pour être vrai, c'est pourquoi je ne me suis pas offusqué outre mesure quand une date fixée 3 semaines après le premier rendez-vous avait été fixée. Deux semaines d'attente supplémentaire ne sont rien dans une vie.

Intermède : je poursuis toujours mes recherches passives d'un autre emploi, et sur deux entreprises intéressées j'ai décroché récemment une promesse d'embauche à confirmer par moi même, dans un mois au plus tard, mais qui serait dans une région qui ne m'enchante guère. Et une réponse type "nous on recrute sur projet, on peut pas vous prendre, mais vous voulez aller là bas, eux recrutent sur profil, on fera parvenir votre CV à notre agence sur place, ils vous recontacteront sans faute". Troisième offre qu'on me fait, de ce type, je n'ai jamais eu d'appel...
Fin de l'intermède.

Il y a des jours où on aurait mieux fait de ne pas se lever. Dès le matin mon chat m'avait prévenu, cette journée, tu vas craquer. Il ne parle pas, mais miaule très bien pour me le faire comprendre.
Début de journée, première nouvelle (bonne !) de possible décalage d'une livraison qui partait dans le mur, tant mieux, j'avais fini ma partie, je pourrai prendre le temps de m'appliquer au reste.
Depuis bientôt un mois, au Brésil, la tension monte, donc sur chaque incident on passe en mode "crise" : résoudre l'incident devient plus que prioritaire. Après pas mal d'efforts, ça commence à se stabiliser, mais ça bouffe les nerfs, vous pouvez pas imaginer à quel point.
Et donc, un incident arrive. Rapidement, je regarde, ça arrive depuis 2h, heureusement, ils dorment encore là bas. Vite résoudre avant de se prendre des appels téléphoniques à rallonge. N'étant que le second sur le processus, le blocage arrivant entre l'envoyeur du fichier à problème et moi, et l'envoyeur ayant un incident précédent au mien, naturellement, je leur envoie le mien pour qu'ils aient toutes les billes pour analyser tout ça. C'est urgent, mais j'oublie de le signaler dans l'incident, pour moi, c'est naturel, mon application et la sienne ont de fortes priorités.

Retour de manger, il est 12h15, l'incident me revient à 12h30 (3h après), sans commentaire autre que "on débloque ce traitement". En même temps, je vois arriver 4 incidents successifs : le traitement n'est pas du tout débloqué. J'ai pas que ça à faire, j'ai sur le feu 3 actions en cours (un audio, deux problèmes autres, et ça qui arrive). L'objectif étant de donner la priorité à la production, je décide de torcher le problème et de tout résoudre : à 12h30, les gens là bas commencent à travailler, ils n'ont encore rien vu, autant que ça reste le cas. Je me connecte à mon serveur, arrêt relance de service préventif, purge de répertoires. Et je me connecte au serveur en amont pour voir où ça en est : blocage complet, il est l'heure de manger, ça aurait trainé. Maitrisant l'application posant problème, je m'en occupe, 2 minutes plus tard, le transfert est de nouveau opérationnel (au lieu de 1h si on avait suivi le circuit classique), sans impact "a priori".

Je dis "a priori" parce qu'à 15h, je me prend un message "dis, c'est toi qui est connecté à notre serveur ?". Honnête, je dis oui. "Bah écoute t'as rien à y faire (vrai), pourquoi tu l'as fait ?". Je répond naturellement que le Brésil a des problèmes et que si ça n'avait pas été fait vite, on serait en crise. Là dessus je me prend une réponse limite injurieuse "puisque vous n'aviez rien à faire sur notre serveur, vous n'avez qu'à prendre la responsabilité de ça, et donc je ne veux plus jamais entendre parler d'incidents venant de vous". Courtoisie, quand tu nous tiens. On s'était toujours tutoyé, voilà qu'elle me prend de haut, me vouvoie, sans chercher à comprendre.

Moi, tout ce que je voulais, c'est rendre service. Je sais que chacun a son périmètre de travail, mais quand on peut, et quand il le *faut*, il faut parfois prendre la responsabilité de le franchir, pour corriger les problèmes de production (impactant par exemple rien de moins que la capacité de se logguer des utilisateurs). Donc oui, j'ai pris cette responsabilité, je l'assume, mais est-ce vraiment une raison pour se faire engueuler quand de son point de vue on n'a fait que rendre service. Si je ne l'avais pas fait, on y serait peut être encore.
Je ne supporte pas la suffisance de certains, mais vu comme elle le prend, je veux bien être bête et méchant, elle n'entendra effectivement plus parler de moi, mais la prochaine fois qu'elle est en crise sur son appli et que ça génère une douzaine d'incidents sur mes serveurs, par heure, comme c'est arrivé une semaine durant, sans que je n'ai jamais aucune nouvelle d'eux, on en reparlera...

Là dessus, mon manager arrive, pour m'annoncer que finalement, on repousse à mercredi parce que pas le temps... L'un plus l'autre, j'ai failli en pleurer devant mon écran. Ca fait un mois que rien n'a bougé, il a renouvelé ma mission jusqu'à fin décembre. Je pense ne pas le signer avant mercredi... S'il croit que je peux attendre, à son tour qu'il attende ! J'ai toujours tout fait à temps, tous mes entretiens, tout ! J'ai toujours cru bon répondre présent quand on avait besoin de moi...
Un mois, sans rien. La passivité pour amasser ce qu'on peut tant qu'on peut. On m'a même proposé "en attendant de changer de région", de faire du boulot en plus. Le job est intéressant, mais ça fait quand même ramasse miettes.

J'en suis à me demander si je ne vais pas renouveler ce que j'avais fait il y a bientôt un an : donner ma démission, sans même avoir de job en vue (je ne me fais pas d'illusion, la promesse d'embauche j'y répondrai probablement par la négative, la région ne me plait pas).

Et merde.