... Jusqu'à ce jour. Car "Je peux entendre l'Océan" est une création du studio Ghibli. Récupéré par le plus grand des hasards car la présentation indiquait "Studio Ghibli" en gros sur la jaquette, je m'attelle donc au visionnage de ce film de 1993, prévu pour le marché de la télévision japonaise ; en l'occurence sous-titré en français.

L'histoire se passe dans un lycée d'une petite ville de province, où l'amitié entre les deux protagonistes, Taku Morisaki et Yutaka Matsuno, est bouleversée par l'arrivée soudaine d'une fille de Tokyo, Rikako Muto, suite au divorce de ses parents. L'essentiel de l'intrigue se déroule aux 2/3 du film quand la jeune fille décide de faire un saut à Tokyo revoir son père, embarquant le malheureux Morisaki dans l'affaire ; ce qui semble rendre Matsuno jaloux -- mais en fait ils se réconcilient à la fin.

Je disais "l'essentiel de l'intrigue" parce que à part ça c'est un mélo-bateau comme on pouvait en voir sur TF1 du temps de Hélène et les garçons. Le seul intérêt du film c'est le vague portrait de la fracture Tokyo/province, et encore il est peu approfondi... Les personnages sont plats, leurs caractères immobiles du début à la fin du film. Les rares occasions que le scénario offrirait d'approfondir les personnages sont loupées au profit d'une légèreté artificielle. La relation entre Rikako et son père est à peine effleurée que l'on passe à autre chose ; la tension entre Morisaki et Matsuno monte à peine que voilà qu'ils se réconcilient. Le film s'étire en longueur, les moments de l'intrigue arrivent comme des cheveux sur la soupe et font franchement artificiels. Ah oui, et la musique est plan-plan, sirupeuse à souhait.

Le film n'est sauvé que par sa qualité graphique (eh, ça reste du Ghibli) des personnages et des décors. Pour le reste, après avoir passé une heure vingt à attendre de voir de l'action ; je ne sais pas moi, une vraie intensité dramatique (je n'ai pas dit "godzilla," bande de mauvaises langues), j'avoue que je me suis ennuyé comme un rat mort.