C'est pas parce que je suis prestataire qu'il faut m'esclavager
Par kim le jeudi, avril 10 2008, 21:32 - Bural, Bureaux - Lien permanent
mini coup de gueule sur le comportement général chez mon client
Le prestataire, c'est connu, c'est l'esclave des grandes entreprises. Le prestataire, à l'instar du salarié "interne", a l'avantage pour le client d'être virable du jour au lendemain, et d'être a priori corvéable à merci. Et donc, dans notre équipe, actuellement sur 13 personnes, le N+1 a choisi de "faire confiance" à 6 prestataires, soit près de 50% du personnel. Tous cadres bien sûr, alors qu'en salariés, il dispose également d'ETAM (moins chers, mais avec heures sup' à payer).
Et donc, récemment, mon N+1 chez le client a remonté à mon manager que, je cite : "il est très sérieux et très impliqué quand il faut, mais il y a quelques fois des semaines où il donne l'impression de faire ses heures puis de partir"... Oui oui, sans honte.
Alors il me semblait que mon contrat de travail stipulait une durée de travail hebdomadaire (de 38h30 par semaine, les RTTs c'est définitivement pas rentable pour le salarié...). Quand je "fais mes heures", je fais donc 38h30, et je me fais reprocher de faire mon travail. Et quand je fais au minimum toutes les semaines 40h, et qu'une semaine par mois, je fais un jour d'astreinte (non payé) et 6 jours de travail, dont le vendredi de 8h à 23h, puis le samedi de 9h à 14h (oui oui, ça fait plus de 45hla semaine, + le samedi compté double) le tout non payé parce que les cadres n'ont soit disant pas d'heures supplémentaires.
Je suis cadre au forfait jour, donc en théorie, oui, pas d'heures sup. Mais un nombre de jours travaillés par an. Que je dépasse (au noir) de 12j par an.
Pour rappel, il faut légalement : - 11 heures minimum de repos quotidien (les vendredis de livraison, je n'ai que 9h de repos) - au moins 24 heures consécutives de repos hebdomadaire auxquelles s’ajoutent les 11 heures de repos quotidien (soit un total de 35 heures) ; (dans le cas des livraisons, je n'ai pas mes 35h) - 6 jours maximum de travail hebdomadaire. (on atteint également le maximum, parfois même, je dois aussi travailler quelques heures le dimanche).
Il faut également 218 jours travaillés, Cette année bissextile avec des jours fériés qui se chevauchent, curieusement, les jours restants n'existent pas, je vais donc travailler plus...
Et quand le client te dit qu'une semaine et demi par mois t'est interdite de congés, que comme ton backup a les mêmes conditions, ça t'interdit techniquement 2 semaines de congés d'affilé...
Non, vraiment, y'a un problème quelque part...
Commentaires
Et je ne comprends toujours pas comment tu peux accepter ça.
Et la chose étrange, c'est que le contractant est vu comme un nabab au Canada. Mes collègues Torontois étaient surpris d'apprendre combien le contractant français était dévalorisé...
Y'a contractant et contractant, fifty. En France, les gars qui bossent en freelance gagnent bien leur vie... Et sont bien traités. Par contre, les gars comme kim qui sont "loués" par une entreprise à une autre, se font exploiter par les deux.
A kim : y'a plein de taf à Grenoble, ça te changera du nord. J'ai aussi des potes sur Paris qui cherchent des prestataires indépendants, si ça t'intéresse je te donne des détails...
Je suis assez d'accord avec _ezaK pour le coup :)
Pour donner un ordre de grandeur, mettons une prestation lambda pas chère pour un cadre ingé, c'est autour de 400€ / j facturé. Sur cette somme, on en touche en gros, 140€, soit 35%. Un manager a en moyenne une 15aine de consultants. En supposant que tu coutes deux fois ton salaire en tout à ta boite, ça fait 280€/j, donc il reste 30%. Ca fait quand même (en gros) dans les 1500€/j générés en bénéfices par les consulants d'un manager. Je trouve que les frais de structure sont quand meme super élévés : un freelance à ce prix là (mais ce sont souvent des experts dans un domaine, et donc ils sont parfois plus chers pour le client) gagne plus que bien sa vie :)
Ensuite, les prestataires "loués" ont un double désavantage : ils sont remplaçables plus facilement qu'un freelance (il suffit au client de se plaindre au manager, qui trouvera un remplaçant parce que c'est dans son intérêt), et le client peut facilement négocier des prix inférieurs (je sais qu'il y a un service chez nous qui baisse systématiquement les couts des nouveaux contrats...)
Conclusion : comment valoriser un contractant quand :
* celui ci tire les prix vers le bas (on est bien moins payés qu'un employé, à compétences et ancienneté équivalents)
* dévalorise les prestataires qui sont à sa charge (de toutes les manières possibles, l'individu est de base inférieur au bien du groupe, pour un presta, c'est pire encore).