Le travail d'un an
Par ryune le mercredi, août 13 2008, 17:50 - La vie de ryune - Lien permanent
Je fêtes bientôt ma première année à ce poste...
Cela ne fait pas pas tout à fait un an, mais je marque déjà une petite étape dans mon parcours professionnel. Je passe pour la première fois du forfait à la régie, ce qui serait un très grand honneur pour moi, un inconcevable signe de confiance, un gain financier non négligeable pour mon employeur et la chance de quitter cette atmosphère démissionnaire pesante.
Je ne vais pas citer de nom dans un pur souci de respect de mon absence de vie privée mais aussi parce que je ne sais plus trop dans quelle boite je suis (au total, je dois pouvoir me vanter d'avoir trois casquettes différentes selon mon interlocuteur).
Il paraît qu'on ne connaît rien à la vie si on a pas travaillé dans le privé et à l'exception d'un stage, je n'avais jamais travaillé dans le privé jusqu'à présent. Fort de cette passionnante expérience, j'ai maintenant moi aussi la légitimité de pouvoir balancer toute ma science dans les commentaires du Figaro.
Voici en vrac quelques points positifs et négatifs de cette petite année...
Les points positifs :
- Les potins existent aussi dans le privé;
- On peut aussi glander dans le privé (Si si, on peut faire des semaines de moins de 50 heures dans le privé, ce n'est pas un mythe !);
- Dans la même veine, je n'ai vu personne faire des semaines de 50 heures;
- Il y'a bien peu de rapport entre le temps de travail et la productivité;
- Faire semblant de travailler paie toujours aussi bien;
- Malgré tout nos efforts pour glander, il y'a toujours quelqu'un pour faire 10 fois mieux et pas forcément plus discret;
- Pouvoir toucher un peu à tout;
- Avoir été promu "expert" en fortran et en python du jour au lendemain (malgré une note de 0 sur ma fiche de compétence);
- Avoir supporter 30 minutes au téléphone un commercial me vantant les mérites d'une exceptionnelle mission sans intérêt;
- Avoir eu confirmation que les absents ont toujours tord (et les oreilles qui sifflent);
- Avoir entendu d'un commercial : "Je ne pipote jamais";
- Avoir entendu d'un commercial : "J'ai tout de suite penser à toi. Tu es l'homme de la situation, je compte sur toi !";
- Avoir entendu de mon chef de projet "le C
++est++par rapport au C" comme unique raison de ne pas faire de C (et moi d'acquiescer face à un argument aussi percutant); - Avoir réussi un entretient d'embauche que j'étais condamné à foirer dans les grandes largeurs;
- Avoir obtenu un salaire supérieure à celui que j'avais demandé (?!);
- La pause toilette (pour la DS ou pour lire);
- La pause déjeuner (pour squatter la librairie, le parc du coin et/ou lire);
- La pause chocolat (en remplacement de la pause café et donc pour discuter avec les collègues);
- La pause linuxfr, gamekult, wired, sladshot, figaro, le monde, marianne, blog des connaissances;
- La pause garage (pour la sieste de 16h);
- La pause RER (pour lire ou pour la DS)... même si c'est en dehors des heures de travail;
- Les barbecues du midi de temps en temps;
- Les pots de départs;
- Avoir eu une bonne nouvelle à annoncer et une bonne excuse pour reprendre contact avec de vieilles connaissances.
Les points négatifs :
- Ne pas être resté plus de trois mois sur la même mission (mission courte, interrompue ou changement de mission pour moi);
- Avoir découvert des méthodes de gestions assez surprenantes;
- Avoir pris un rythme à la con pendant mes périodes d'inter-contrat;
- Avoir gardé un rythme à la con même hors inter-contrat;
- Ne pas avoir posé de congé parce que j'ai trop peur de glander en dehors du boulot;
- N'avoir travailler que sur des "outils" Windows à la con;
- Avoir donné l'impression que j'étais une bête en informatique (et y avoir cru de temps en temps);
- Avoir mis un peu trop d'espoir dans le fait de pouvoir trouver ma voie grâce à une ss2i;
- Avoir entendu d'un commercial : "Je suis sûr que tu peux le faire. Tu sais tout faire. Il faut juste que tu te violes" (donc, apprendre à pipoter...);
- Avoir eu confirmation que mon esprit se perdait dans le temps et l'espace après 15 minutes de "conversation" (ou plutôt, écoute d'un monologue) téléphonique... même dans un cadre professionnel;
- Avoir appris que "batch = bash";
- Internet ne sert pas vraiment pour travailler (seul 1/10e de mon temps passé sur le net est utile);
- M'être enflammé après mon embauche (et avoir déprimé quand j'ai appris qu'ils engageaient même des chimistes ou des astrophysiciens pour faire de l'informatique...);
- L'impression de toujours être en recherche de mission/emploi;
- Avoir découvert que la confrontation ingénieur/commercial n'était pas un mythe;
- Avoir découvert que les compliments n'avaient aucune prise sur moi;
- Avoir eu envie de m'enfuir face à la très jolie fille qui m'a fait signer mon contrat. Un peu plus et je ne signais pas tellement elle était insupportable. Le sourire et un décolleté plus qu' indécent n'ont pas réussi à compenser cet énorme défaut;
- La grosse cuite du nouvel an;
- Avoir découvert que l'argent ne faisait pas le bonheur;
- Avoir découvert que je ne trouverai pas le bonheur au travail;
- Avoir découvert que j'aurais pu demander un salaire plus haut.
Globalement, ça a l'air plutôt mitigé même si à la réflexion, certains points positifs ressemblent plutôt à des points négatifs et vice versa. Mais à mon avis, c'est assez positif.
J'ai pu sortir de mon autisme, ma déprime et mon isolement de ces dernières années, c'est déjà beaucoup. Et même si ça en a pas toujours l'air, même si j'ai eu beaucoup de doutes, je suis tout de même reconnaissant et assez satisfait de la chance offerte par ma boîte.
Une grande étape à donc été franchie. Il me reste toujours le problème de la vie sociale à régler par contre...
Commentaires
Le pire qu'il m'ait été donné de voir, niveau parcours bizarre, fut de voir une diplomée de thèse en japonais... faire de l'informatique.
Nom et adresse du dit diplômé, please ? J'ai là une application à déboguer dont tous les commentaires me semblent avoir été écrits en japonais...