En passant par là
Par kim le samedi, septembre 13 2008, 16:17 - Iznogoud_ - Lien permanent
tranche de vie, ça faisait longtemps...
Comme ça faisait longtemps, et parce que ça m'a été demandé, un bref flash back sur mes derniers mois... Qui n'expliquera peut être pas totalement mon absence, certes...
Oui, alors évidemment, rien posté ici depuis février, ça commence à faire :)
Pour commencer, un bref retour d'investissement sur le dernier billet, voici quelques photos de mon bref voyage à Hambourg et Londres :
- Hambourg en bref : un Warhol, superbe musée d'art. Des bateaux, donc un Cusco, l'un des dix plus gros porte conteneur du monde, et le Tampere, un énorme gazier. Une scientologie en face d'une église dont la façade en réfection arbore une superbe pub DIM. Un sandwich au poisson le dimanche à 7h du matin. Quartiers différents, cosmopolite, portuaire en somme. Belle découverte.
- Londres en bref : ben, de la pluie. L'accent londonien. Un appartement génial chez mon hébergeuse du moment. Un British Museum où j'aimerais beaucoup me perdre de nouveau, musée magnifique, gigantesque, superbe. Des musées gratuits et beaux. Rien à dire.
Ensuite, retour à la réalité, travailler en attendant des nouvelles de mon hypothétique mutation pour Genève, comme demandée en septembre... Comme promis à mon manager, démission en juin. J'avais contre toute attente réussi en une semaine à abattre le travail qu'ils n'avaient pas fait en 6 mois : contacter la filiale suisse, découvrir que "non on ne nous a pas parlé de vous", appeler le RH de la région grand Est, qui se dit "étonné". Quand je lui signale que ma démission serait pour le lendemain, curieusement, j'ai été appelé par mon manager, deux managers en Suisse, un RH suisse et un belge (en partance pour la Suisse), tout ça en 3 jours. S'il avait fallu compter sur eux, je crois que j'en serais toujours à rester sur ma mission. Démission immédiate, appel du manager "écoute t'es sûr ? Laisse nous un peu de temps s'il te plait !" (étouffement de l'intéressé... On me demande du temps quand on a passé 6 mois à se moquer de moi).
Puis vient le contrat Suisse. Autres moeurs, autre salaire, autre région, autre pays. Recherche désespérée de logement. Néant absolu. Deux mois à chercher un peu sur le net, puis sur place fin août. J'ai pu parcourir Genève, cette ville que je n'avais pas vue depuis longtemps n'a pas beaucoup changé en somme, mais avec le regard neuf d'une personne qui l'avait oubliée. Alors certes les beaux quartiers sont beaux, avec ses villas de luxe et ses allées au gazon tondu aux ciseaux. Mais y vivre ou y travailler, voilà la question que je me suis posé. Je m'y suis senti tour à tour mal à l'aise, oppressé par cette atmosphère, pris à la gorge, un sentiment curieux. Ce n'est pas chez moi, et cette ville ne semble pas vouloir de moi.
Depuis un an, dans ma tête résonnait cette pénible phrase : "tu n'as pas le droit de t'attacher à quelqu'un, tu vas partir...". Mais on ne commence pas toujours à son esprit, il y a des choses qui ne s'expliquent pas, comme par exemple tomber amoureux d'une fille qu'on connaissait depuis quelques temps, sans explication c'est venu comme ça, un heureux bonheur soudain. Le hasard fait parfois bien les choses, surtout quand on ne s'y attend pas. Voilà donc, cela fait un chouilla plus d'un mois qu'on est ensemble, et je nous auto-souhaite que ça dure le plus longtemps possible évidemment.
Est alors venu le temps de choisir. Il y a des choses plus ou moins facile à faire, celui-ci a été facile. La difficulté a double : annoncer la chose autour de moi ("mais tu semblais tellement y tenir"). Sur la balance, je crois qu'une ville où on ne peut vivre et se sentir bien ne pèse rien face aux sentiments. Puis il a été difficile de... rompre mon contrat. Non parce que trouver un contrat a été relativement facile (j'en discuterai peut être sur un prochain article), mais rompre un contrat, à l'amiable, c'est autrement plus sportif. Sur la table, deux joueurs de poker : la boite, et moi. Objectif pour eux : se faire du pognon (pour résumer). Objectif pour moi, les quitter avant même d'être venu. Sur la table, la mise : un quart de salaire plus les réparations éventuelles à une perte de contrat (pour info, 1000 euros + réparations). Ca c'est la partie liée au code civil... Après consultation de pas mal de monde, de mes copains, d'anciens chefs d'entreprise, de managers d'autres boites, j'ai pu jouer cartes sur table, et on a gagné tous les deux.
Tout est bien qui finit bien, je peux enfin profiter de la vie et de ce qu'elle peut offrir de plus beau :)
Commentaires
Belle histoire. Le bonheur passe avant tout c'est évident. Et puis Genève, il aurait fallu que tu apprennes leeee suiiiiisse...
Je te souhaites de trouver un job où on respecte un minimum les collaborateurs (je me réserve encore quant à ma situation sur ce point), et qui soit un peu plus en adéquation avec ta vie sentimentale.
++
J'ai beaucoup aimé ton histoire. Je trouve que tu es quelqu'un de vrai. tu es quelqu'un comme on en trouve pas chez moi en Guinée (Afrique). ici les gens n'ont pas beaucoup le choix dans les emplois qu'on leur propose car le niveau de vie est faible et il n'y a pas beaucoup d'opportunités d'emploi. Si je fais cette comparaison c'est parce que moi aussi j'ai fait une prépa Math su et spé à Paris avant de faire une école d'ingénieur. une fois rentré chez moi en Guinée je n'avais plus le choix. Je travaille presque pour ne rien gagner. Aujourd'hui, je suis même prête à retourner comme "fille au pair" en Europe pour pouvoir faire un master et intégrer le monde du travail là bas où j'aurais plus de liberté. Tu donnes une preuve de l'existence d'une grande liberté en Europe. Courage. A+
Comme c'est meugnon. Bon, je peux arrêter de te tanner pour les 6 prochains mois, pour ton absence de blogage, donc, si je comprends bien... :p
./3 fifty : beuh, 6 mois c'est pessimiste ça, tu peux arreter pour le reste, si tout va bien :D (nan mais j'ai toujours des trucs à écrire, juste pas trop la motivation donc faut continuer à me tanner)
./2 kadija : stupeur, une lectrice !!! C'est vrai qu'on a cette chance ici, surtout ces temps-ci, le métier de l'informatique approche du plein emploi (qui se caractérise par moins de 4% de chomage de mémoire). Ici en tout cas, les managers ont beaucoup de mal à recruter, ils manquent d'informaticiens. Encore et encore. Donc c'est vrai que je profite de ma position pour prendre des libertés quand je peux, c'est loin d'etre désagréable :)
Je ne connais pas du tout le marché de l'emploi dans d'autres pays que les pays européens, tout dépend de la filière. Quelle école d'ingénieur as-tu fait ? En quelle spécialité ?
./1 willy : ho ben le job est déjà trouvé. Pour le moment, du moins sur le papier, c'est le jour et la nuit, on verra si ça se traduit effectivement comme je le souhaite :)
Bah, c'est dommage, je voulais en profiter pour importer du chocolat (je n'en ai pas mangé depuis très longtemps)...
Tant mieux, les choses s'arrangent, même si ce n'est pas le plan d'origine.