Agonies bloguesques

Nos blogs se meurent dans l'indifférence. Nos vies sont-elles devenues si banales que nous n'avons plus rien à raconter ? Nos existences se résument-elles aux produits que nous achetons ? Peut-être, en fait, n'avons-nous tout simplement plus rien à dire.

Il faut peut-être se rendre à l'évidence et tourner une page d'histoire. Il y a eu un temps où j'avais un site internet perso, ce n'est plus le cas aujourd'hui ; il y avait un temps où je participais à un blog à plusieurs mains, ce n'est plus le cas aujourd'hui. L'inspiration n'y est plus, et sans inspiration pas de vie.

Faut-il vraiment chercher un second souffle à nos aventures virtuelles ? Dans le fond, que nous apporte notre "vie en ligne" ? Nous sommes toujours seuls derrière nos écrans lumineux. L'internet créateur de lien social est un mythe qui a vécu. Les gens consomment les rendez-vous sur Peuplade puis retournent chez eux. De ces rencontes éphémères, rarement naissent des liens.

Les blogs s'adressent à de petits groupes de proches dont on ferait aussi bien de leur écrire directement. Le temps où la vie d'inconnus nous passionnait est révolu. Qui lit encore Fleur ? Qui se souvient de Grosse fatigue ? L'heure est à Twitter ou à Viedemerde ; l'heure est à l'éphémère, au frivole, au vide. Les anciens, ceux qui avaient quelque chose à dire et qui le disaient, ont plié bagage ou ont, peut-être un peu comme nous, sombré dans leur routine.

Peut-être est-il temps de cesser d'écrire ici. Peut-être est-il temps de se dire que notre époque est révolue ; que les meilleures années de notre blog sont derrière nous, peut-être est-il temps d'archiver ce que nous avons écrit de beau (car il y en a des belles choses dans nos archives) et de passer à autre chose. Sortir la créativité du PC et l'amener dans le vrai monde, celui où le vent souffle, où le soleil brille, où les liens se créent. Il y a tant à découvrir et à partager à l'extérieur ; profitons-en tant que nous le pouvons encore ! Ne nous laissons pas enfermer !

- mathieu out

Commentaires

1. Le mardi, février 24 2009, 18:07 par kim

analyse très intéressante. Je dirais même plus, très intéressante analyse ! Et dans un sens je suis d'accord avec tout ça. Si je ne squatte pas les facebook, viedemerde et autres twitter, c'est sans doute parce que leur aspect "éphémère" et creux ne m'ont jamais attiré. L'exemple le plus flagrant pour moi est facebook qui essaye à sa manière de redéfinir l'amitié, au point qu'on doit sans doute facilement pouvoir y trouver des gens qui disent avoir des milliers d'amis... sur facebook. Plus de profondeur, que du superficiel, pour aller au plus vite, zapper, rapidement.
Le blog pose au contraire la question de l'intemporalité de la pensée et des idées.

La créativité s'est translatée dans mon cas de l'écriture vers un retour aux fondamentaux dans mon cas. Culture, lecture, et enfin, un retour à la programmation plaisir, qui se faisait attendre...

Pour ce qui est de l'archivage, il est réalisé hebdomadairement donc pas de souci ;)

2. Le mercredi, février 25 2009, 11:07 par fiftywan

Moi, j'ai juste du retard. Quand on a une vie, on prend le temps de la vivre, ça laisse pas forcément le temps de la raconter :)

3. Le mercredi, mars 4 2009, 11:29 par florimond

Qu'est-ce que la mort pour un blog ?

Je ne suis pas solidaire du premier paragraphe. Et s'il y avait des causes autres pour la non écriture ? La banalité de ma vie, c'était déjà le lot commun même quand j'écrivais régulièrement. Il se trouve juste que mon travail prend plus de temps et que le temps que je peux et veux consacrer à mon blog diminue en proportion, car je privilégie d'autres activités. Typiquement, des jeux de plateau et de société qui me permettent de passer du temps avec des gens, et vers lesquels je comptais réorienter les billets écrits. Ça fait mercantiliste, ça entre droit dans la ligne de mire du "mon existence se résume aux produits que j'achète". Faut-il donc que j'arrête de produire des billets sur ce thème ?

Pour ma part c'est moins l'inspiration qui manque que le temps. Ce qui rejoint un peu le côté sur l'éphémère. Je consomme du VDM qui me change les idées (et me console, quelque part), alors que je n'accroche pas du tout à Twitter. Que peut-on en déduire ?