Je me souviens le 11 septembre 2001, les blagues débiles faites devant l'écran de la télé du bar que nous regardions incrédules, tandis que les tours brûlaient et s'effondraient lentement. Nous étions étudiants, sans doute de l'âge de ces hommes qui pilotaient les avions fatals, l'âge des idéaux auxquels on donne sa vie, parfois même littéralement.
Nous sommes le 11 septembre 2007. Six ans ont passé, les victimes sont brandies par un président comme un justificatif d'une guerre à l'autre bout de la planète, qui ne tue que des civils qui n'ont rien demandé. Oeil pour oeil, dent pour dent ? Que vaut la vie d'un américain, celle d'un irakien ? Oussama rigole. Lui, on ne l'attrappera jamais... Trop commode, trop utile en cavale aux intérêts du pétrole-roi. Trop utile libre, à jouer la piqûre de rappel anti-terroriste quand les gens commencent à s'agiter contre la suppression de leurs libertés. Nous ne sommes plus étudiants, nous avons passé l'âge des idéaux idiots, nous menons nos vies doucement vers un avenir incertain.
Les pilotes du 11, s'ils avaient décidé de vivre, auraient peut-être trouvé femme, fondé une famille, ou bien écrit un livre, devenus clowns, ou bien simplement garagistes, ou que sais-je encore... Ils auraient pu s'accomplir, faire quelque chose de leur vie. Ils sont morts. Ils ne peuvent plus écouter le vent dans les arbres, regarder les abeilles butiner, sentir l'odeur du miel. Ils sont morts se croyant martyrs, en fait en imbéciles, entraînant dans leur chute le reste du monde vers des abysses de crétinerie.
Ou peut-être étions-nous déjà sur cette voie, et n'attendions qu'un événement de ce type pour justifier nos politiques...
Hmm.